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LES ENNEMIS DES MÉDIAS GRAND PUBLIC (#MédiasGrandPublic) PEUVENT SE RÉJOUIR : LE BUDGET FÉDÉRAL OFFR

La réponse décevante dans le budget fédéral à l'égard de la crise touchant la presse écrite canadienne était attendue depuis longtemps.


La ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly estime que la presse est un modèle opérationnel défaillant qui ne mérite pas d’être sauvé. La propre indifférence du ministre des Finances Bill Morneau est, à ce sujet, assez évidente.


Un an après qu’Ed Greenspon, le consultant de Mélanie Joly, ait documenté l’avenir sombre de l’industrie des nouvelles assoiffée de recettes publicitaires, des conclusions appuyées avec force par le Comité du patrimoine à majorité libérale, le cabinet fédéral a approuvé deux mesures limitées.


Une somme de 10 millions de dollars sera ajoutée aux 75 millions de dollars du Fonds du Canada pour les périodiques. Cet argent aura incontestablement des impacts positifs pour les médias de presse communautaire qui vont en recevoir un pourcentage, mais les porte-parole du ministère du Patrimoine n’ont pas été en mesure de préciser si les quotidiens des grandes villes ou des villes de taille moyenne seront admissibles.


Pour évaluer la portée de cette somme de 10 millions de dollars, la voix de l’industrie, Médias d’info Canada, avait fait pression sur Ottawa pour obtenir 350 millions de dollars afin d’offrir une subvention de 15 % pour les dépenses de rédaction de la centaine d’organes de presse écrite et en ligne quotidienne du Canada. Les libéraux eux-mêmes ont accordé la somme tant attendue de 150 millions de dollars annuellement à la SRC.


Il y aurait eu un prix politique à payer si les libéraux avaient subventionné des organes de presse appartenant à des intérêts commerciaux, même si tous reconnaissent que le journalisme est un bien public. Les résultats des sondages d’opinion sur l’aide publique étaient plutôt moroses. En fait, c’est devenu un passe-temps national de critiquer les médias grand public (#MédiasGrandPublic) comme le Toronto Star (« trop à gauche! »), Postmedia (« trop à droite! ») et Bell CTV (« trop riche! »). Il faut savoir que la seule chose que les libéraux de Justin Trudeau veulent encore moins que de venir en aide à leur ennemi juré Postmedia est venir en aide à Postmedia et s’exposer à des critiques pour l’avoir fait.


Toutefois, même si les subventions offertes à la presse indépendante étaient néfastes sur le plan politique, des solutions plus satisfaisantes que des chèques du gouvernement sont possibles. Bon nombre de commentateurs de la scène politique, dont Unifor, ont recommandé

(https://www.thestar.com/news/canada/2017/01/23/tax-law-tweak-could-bring-millions-to-canadian-media-study-finds.html) de corriger la faille à l’article 19 de la Loi de l’impôt sur le revenu. L’harmonisation des règles fiscales pour les publicités en ligne (principalement Google et Facebook) avec les publicités télévisées et imprimées aurait permis de tirer quelque 250 millions de dollars de publicités canadiennes de Google et de Facebook et de les réinvestir dans les organes de presse canadiens assoiffés de recettes.


Cependant, le ministre des Finances a annoncé une étude des règles fiscales réglementant le statut d’organisme de bienfaisance pour secourir le journalisme, une idée qu’il avait rejetée il y a seulement quelques mois. Tout de même, 18 mois après que Mélanie Joly ait lancé son examen public des médias canadiens, Ottawa commencera à examiner la question.


Aussi symboliques que ces nouvelles mesures stratégiques peuvent l’être, les libéraux reconnaissent maintenant que le journalisme est un bien public, qu’il est touché par une crise et qu’il faut trouver une solution.

Cette reconnaissance des libéraux n’aurait probablement pas été possible sans les débats politiques menés dans l’ensemble du pays, surtout au Québec, et les 300 mises à pied touchant les employés des journaux communautaires que Postmedia et le Toronto Star ont fermés en novembre.


Les salles de presse canadiennes ont fondu de 25 % depuis que les libéraux sont au pouvoir. Alors que d’autres fermetures de journaux et mises à pied sont prévues au cours des prochains mois, nous aurons la même discussion lors du prochain budget fédéral et de l’élection de 2019.

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